AGAPES FRANCOPHONES 2019

Jean-Jacques BRIU Université Paris Nanterre, France _____________________________________________________________ 288 moyen pédagogique indispensable. La comparaison est la tentative que fait un locuteur pour expliquer une entité mal connue par l’allocuté en la rapprochant d’une autre entité qu’il suppose mieux connue. La visée est un progrès sémantique. La comparaison suppose qu’une réalité donnée en évoque une autre ayant nécessairement en partage une similitude restreinte, qui n’est pas exactement du même domaine, mais qui a l’avantage supposé d’être mieux connue. Cette opération est toujours marquée, par ex. par : comme, plus … que, aussi … que, appelés « marqueurs comparatifs ». Ex. : 12. La terre, c’est comme une énorme boule, Je ne lis pas plus vite que toi. 13. Une femme vaut autant qu ’un homme . En somme, dans le rapport de comparaison, un élément C dit d’un élément A qu’il a quelque chose de commun ou d’analogue avec lui, mais sans être exactement lui. Si la ressemblance était entière, il y aurait identité, inclusion et tautologie. On propose donc de voir une entité par rapport à une autre qui est partiellement semblable et globalement différente. Il suffit qu'un seul aspect puisse apparaître commun à deux réalités pour qu'elles soient comparables. La comparaison est dès lors uniquement positive : elle affirme que le comparant et le comparé se ressemblent au moins partiellement. La comparaison a une forte fréquence dans le discours oral et écrit (on a comptabilisé 2000 comparaisons avec « comme » dans A la recherche… de Marcel Proust). Notons l’existence d’expressions comparatives figées , de clichés ; il y en aurait une centaine en français, telles que : 14. vif comme l’éclair ; vieux comme Job ; bête comme chou ; mou comme du beurre ; sale comme un peigne ; connu comme le loup blanc ; clair comme de l’eau de roche ; parler français comme une vache espagnole ; aimable comme une porte de prison ; léger comme l’air ; bavard comme une pie.… Naturellement, il faut ajouter à cela quelques collocations telles que : connu comme…, considéré comme…, vu comme…, regardé comme…, élu comme… La comparaison a une fonction illustrative, et non plus définitoire, quand le déterminant fournit une image sensible, connue, pour éclairer, renforcer une idée ou un propos :

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=