AGAPES FRANCOPHONES 2019

Quelle(s) valeur(s) le pronom on peut-il avoir dans les subordonnées comparatives ? _____________________________________________________________ 297 Configuration (a) : P comme Q, où P = SV1 et Q = comme on V1 Nous avons restreint notre choix aux propositions qui comprennent le morphème comme et, cela posé, une autre précision doit être ajoutée aux comparatives en comme, selon la répartition effectuée par Fuchs (2014) concernant la comparaison. Car, après avoir distingué entre comparaison quantitative et comparaison qualitative, Fuchs relève trois types de comparaison qualitative : valuative, comparaison de similarité et comparaison d’identité et d’altérité. Or, la présence obligatoire de comme nous oriente plutôt vers la comparaison de similarité. Ce type se fonde sur une ressemblance pour rapprocher deux identités à partir de leur manière commune de faire ou d’être. S’agissant ainsi des propositions comparatives, il n’est plus question de comparer deux entités ou deux prédicats, mais plutôt deux états de fait ou deux attitudes propositionnelles, par conséquent, le modus s’éloigne de la manière ou de la façon pour glisser vers le mode d’être ou de dire. La configuration prototypique est : (1) Je me tourne vers lui, comme l’hélianthe (se tourne) vers le soleil. (Fuchs et Le Goffic 2005, 269). Dans cette configuration, Fuchs et Le Goffic précisent que comme est un adverbe de phrase et la comparaison présente une « analogie de situation ». Ce marqueur possède alors une portée extraprédicative, car il ne porte plus sur le prédicat mais sur la relation prédicative dans son entier considérée en bloc et de l’extérieur. En revanche, la présence de on change la donne, car, dans une même configuration, une double occurrence de on n’aura pas forcément la même valeur et l’interprétation nécessitera la mise en place d’un autre système de critères. Considérons l’exemple (2) : (2) On n’écrit pas l’histoire en 2012 comme on l’écrivait en 1950. (Fuchs 2014, 139). Il est légitime de s’interroger sur la valeur de on dans la subordonnée : a-t-il la même valeur que dans la matrice ? Or, même si l’ancrage temporel permet d’identifier la ou les valeur(s) de on dans l’exemple (2), cette valeur reste indéterminée dans une comparative avec un nom déterminé, comme dans (3) :

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