AGAPES FRANCOPHONES 2019
Manar EL KAK Sorbonne Université, France _____________________________________________________________ 298 (3) Il aimait Célestin comme on aime un vieil ami de quarante ans. (Fuchs et al. 2008, 50). Cela revient à dire que la précision de la situation à comparer se trouve limitée par le pronom on qui ne peut pas renvoyer à un être précis et déterminé. La comparaison se trouve donc à mi-chemin entre situation précise et déterminée et situation à portée générale vu que le comparant reste non-identifié. De plus, la non-identification de on face à une situation à portée générale mais déterminée le prive de sa valeur générique et le dote plutôt d’une valeur spécifique, en raison de la répétition du même prédicat verbal à temps distinct dans les deux propositions. Ce qui nous permet de jeter un coup d’œil sur la polysémie de on ainsi que sur l’étroite relation qu’il entretient avec son verbe. Coup d’œil sur la polysémie de on La polyfonctionnalité sémantique de on a fait l’objet de plusieurs études (Atlani, 1986 ; Lagane, 1963 ; Le Bel, 1991), dont la plus récente (El Kak, 2018) se situe dans le cadre de la psychomécanique du langage. La spécificité de ce cadre théorique réside dans un mouvement binaire entre langue et discours 8 , l’objectif étant de justifier comment un pronom de 3 e personne du singulier pourrait assurer les rôles de personne 4 ( nous ), de 1 re personne ou de 3 e personne du pluriel ; d’autant plus que la 3 e personne du singulier à valeur indéterminée reste quelquefois difficile à délimiter. Mais ce n’est que face à la pluralité ou à la collectivité de ils que la singularité ou l’individuation apparaît. Sans entrer dans les détails de cette démonstration, nous nous référons à de nombreuses études portant sur ce sujet (Goudet, 1983 ; Johnsen, 2016 ; Kleiber, 1994 ; Lebas, 1997 ; Marque-Pucheu, 2014), qui ont mis en évidence différentes interprétations afin de saisir la manière selon laquelle la conceptualisation des groupes de personnes qui forment l’ensemble peut se réaliser. Par conséquent, en plus de la singularité inhérente à on, nous avons identifié quatre types de pluralité pour lesquels ce pronom peut servir de substitut. 8 Cette dichotomie, faisant écho à la dichotomie saussurienne langue-parole, considère le discours comment constituant l’ensemble des réalisations d’un signe linguistique qui se trouve en puissance dans la langue. ( Cf. El Kak 2018).
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