AGAPES FRANCOPHONES 2019

Klaus-Dieter ERTLER Université de Graz, Autriche _____________________________________________________________ 28 textes, qui – à travers le XVII e siècle – ont réussi à établir un lien sériel et un réseau symbolique extrêmement performants 7 . Leur plus petit dénominateur commun réside dans le fait qu’il s’agit de traductions – plus ou moins adaptées aux couleurs locales – du prototype anglais. Or, suivant la logique du spectateur originel, ils ont tous des auteurs en principe anonymes ou présentés comme tels – ou, comme c’est le cas dans la feuille italienne, écrivant sous un pseudonyme. Une ligne de séparation très nette se dessine entre les deux « Spectateurs » proprement dits et les deux « Philosophes à la mode ». D’abord on peut constater que les deux groupes sont bien séparés dans le temps et l’espace. Si les « Spectateurs » (en version anglaise et française) sont publiés dans un laps de temps très restreint (1711-1712 et 1714 ; 1714-1726), les « Philosophes à la mode » (en version italienne et espagnole) sont une imitation subséquente (1728 ; 1788). L’ordre de la réception ne fait point de doute. Il est évident que chaque titre a eu comme source la version qui le précède, c’est-à-dire que la version française est tirée du prototype anglais, la version italienne du modèle français, et la version espagnole du texte italien. L’emploi de la source respective est confirmé par les titres des journaux ou par leurs préfaces respectives. Il est significatif que les auteurs-compilateurs ne suivent pas la chronologie établie par les numéros du Spectator . Au contraire, ils entreprennent une sélection plutôt personnelle d’articles à traduire. De plus, les traductions ou adaptations ne sont pas intégrales dans la mesure où on cherche à opérer une sélection utile et compréhensible pour le lectorat de la culture-cible. La répartition des textes selon l’ordre des leçons italiennes fait apparaître une structure plus cohérente. D’abord le parallélisme entre le modèle italien et sa traduction-adaptation espagnole relève d’une évidence. Nombreuses sont les leçons qui correspondent exactement à l’ordre du texte espagnol. C’est entre The Spectator et Le Spectateur qu’on peut relever la corrélation la plus étroite, dans la mesure où l’ordre chronologique ne subit pas de modifications importantes, si ce n’est que la version en langue française se permet de sauter certains numéros qui manquent généralement d’intérêt pour le lectorat francophone. À cause de ces suppressions, le volume francophone est plus réduit que celui du 7 Dans ce qui suit, cf . aussi Ertler (2011, 325-342 et 2009, 455-471).

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