AGAPES FRANCOPHONES 2019
Quelle(s) valeur(s) le pronom on peut-il avoir dans les subordonnées comparatives ? _____________________________________________________________ 307 (22) Et la petite Fadette, qui mettait, comme on le voit , plus de religion que de diablerie dans ses charmes, eût craint de lui déplaire en lui demandant une chose qu’il n’avait point coutume d’accorder sans miracle aux autres chrétiens. (LPF, 499). Par ailleurs, la traduction de ces incises pose beaucoup de problèmes aux traducteurs. Dans la majorité des cas, le choix tombe sur un verbe avec un pronom affixe sujet de personne 4 ( nous ), tandis que d’autres traducteurs affichent plus de liberté en choisissant un verbe au passif, une phrase nominale, un nom collectif, d’autres encore peuvent même aller jusqu’à l’omission de l’incise dans sa totalité. Mais une fois que cette valeur de 3 e personne indéfinie est identifiée, l’incise se traduit soit : a) par une construction passive qui aide à conserver l’animé humain en raison du sémantisme du verbe (verbe de perception) ; b) par un nous à valeur inclusive globale qui confirme la concomitance entre P et Q et, par conséquent, une co-énonciation implicite apparaît. Cette dernière renforce la valeur de conformité, puisqu’il ne faut pas interpréter l’incise comme une intrusion du narrateur, ce qui pourrait poser d’autres problèmes d’ordre narratologique. Configuration (d) : Q = on V de dire, nommer La dernière configuration est une comparative à modalité autonymique (MA). Authier-Revuz (1995) identifie deux types de construction pour les comparatives en comme : comparative co- énonciative et comparative de modalité autonymique. Dans les exemples où comme se trouve avec le verbe « dire », la comparative peut apparaître dans des endroits variés comme le révèlent les exemples (23) à (25), même si Authier-Revuz constate que ces comparatives ne dénotent pas la même similarité que celle trouvée dans des comparatives standard, notamment lorsque la subordonnée en dire est remplacée par une subordonnée ordinaire (23’) à (25’) : (23) Jean a relooké sa cuisine, comme dit Marie. (23’) Jean a relooké sa cuisine comme il l’avait fait pour sa salle de bains. (24) Une fille, désespérée comme ils disent , avait plongé du pont […] (24’) […] une désespérée, comme on l’est parfois à cet âge, avait plongé […]
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