AGAPES FRANCOPHONES 2019

Quelle(s) valeur(s) le pronom on peut-il avoir dans les subordonnées comparatives ? _____________________________________________________________ 309 vers l’identification de la valeur de on afin de préciser si, dans l’analogie énonciative, il est question d’une comparaison co- énonciative ou de MA, le rôle de cette dernière étant d’accorder à la subordonnée une valeur de généralité. Ce rôle sera satisfait par l’intervention de trois critères : le verbe (sémantisme et temps verbal), la présence d’un pronom pouvant ou non renvoyer à une situation antérieure ou postérieure et la présence d’un circonstant spatial ou temporel. Pour cette configuration, et en raison de la présence du verbe « dire » en MA, comme continue d’avoir une valeur de marqueur de manière, en même temps que le verbe active en on la composante notionnelle de 3 e personne de pluralité indéfinie ou inclusive, en lui accordant la valeur de tout le monde . Cela accentue la conformité entre la matrice et la subordonnée et ouvre la voie à d’autres critères qui dépendent, à ce stade, du contexte linguistique, telle la présence d’un COD qui fait commuter on avec tout le monde à valeur anaphorique ; ce dernier conserve la possibilité d’être anaphorique, étant de 3 e personne. Par ailleurs, d’autres critères peuvent intervenir dans le but de délimiter cette pluralité indéfinie à un ensemble de personnes circonscrit dans un cadre spatial ou temporel. A ce sujet, nous renvoyons à Anscombre (2011) qui soulève un autre point de vue permettant de dégager un paramètre qui se rattache au sémantisme verbal. Ainsi, la présence du verbe dire précédé de comme permet de regarder du côté des phrases génériques qui peuvent être employées comme faisant référence à un savoir commun ou associées à une forme sentencieuse. Anscombre précise que les phrases génériques qui font partie d’un savoir commun ne supportent pas comme on dit et se combinent sans problème avec comme on sait, contrairement aux formes sentencieuses qui comprennent les proverbes habituels et admettent comme on dit mais se combinent moins aisément avec comme on sait. Il est parvenu à cette constatation après avoir distingué entre les savoirs fondés considérés comme allant de soi et s’imposant sans médiation à tout membre de la communauté qui les partagent (28) et les savoirs allégués qui se rencontrent dans les formes sentencieuses et qui seront médiatisées par un dire issu d’un ON- locuteur (29), car il est plausible de placer on sait que devant le premier et on dit que devant le second : (28) Les singes mangent des bananes. (29) C’est en forgeant qu’on devient forgeron. (Anscombre, 2011, 24).

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