AGAPES FRANCOPHONES 2019

Marinela PETROVA Université Sts Cyrille et Méthode – Veliko Tarnovo , Bulgarie _____________________________________________________________ 326 Ce type de locutions est le résultat d’une sélection du second terme qui doit être représentatif du caractère particulier de la forme du premier substantif. Un substantif accepte un complément qui le caractérise de façon expressive, pour décrire cette propriété d’une manière hyperbolique. Bien que l’interprétation de ces groupes nominaux ne relève pas de la rhétorique, ce modèle de locutions a comme base des termes du monde animal et végétal, ainsi que des mots de la vie quotidienne qui alimentent l’imagination des auteurs. D’un emploi familier, toutes les expressions ne sont pas répertoriées dans les dictionnaires unilingues ou bilingues, mais la littérature en comporte de bons exemples : un nez en oignon (Victor Tissot, Au pays des glaciers ) , une bouche en cerise (Paula Hoesl, Belle-de-cœur ) etc. Pour considérer la séquence un nez en oignon comme une expression imagée, il est nécessaire que la forme sous-entendue du substantif en N2 ne soit pas exprimée par un adjectif désignant concrètement une forme (comme p.ex. toit en pente, fenêtres en demi-cercle etc.) et que les deux termes ne soient pas sémantiquement proches. Il nous paraît important de souligner le rôle de la préposition en avec sa valeur d’intériorisation, décrite par Krassimir Mantchev dans son ouvrage Morphologie française : « Dans sa valeur de transformation, le sujet change intérieurement ; l’objet explicite ce que le sujet est devenu. […] en permet aussi bien d’aller à l’objet que le retour au sujet. […] l’objet, après avoir révélé le contenu intérieur du sujet, revient à lui en faisant apparaître sa forme extérieure. » (Mantchev, 379) Dans les études phraséologiques bulgares, ce type de constructions est considéré comme le résultat d’une « condensation lexico-sémantique ou une compression » (V. Kiuvlieva, 21), où le comparé a pris la place du point commun, la propriété qui désigne la forme dans ce type de locutions en français. C’est une comparaison implicite à cause de la présence zéro de l’adjectif (p.ex . yeux en boules de loto = « gros et saillants », adj. zéro). Il est intéressant de signaler que ce type de locutions en bulgare ne se rapporte pas uniquement à la forme : мъж като планина, litt. « homme comme une montagne », équivalent de la locution française grand / gros comme une montagne et очи като маслини , litt. « yeux comme des olives », comparaison portant sur l’intensité de la couleur noire des yeux. En français la grande taille et la forme des yeux est illustrée par

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