AGAPES FRANCOPHONES 2019

Anda RĂDULESCU Université de Craïova, Roumanie _____________________________________________________________ 330 rapport se réalise au moyen d’une relation d’ordre ou d’une relation d’égalité (ou similarité) ; ce qui donne la comparaison dite scalaire dans le premier cas et la comparaison non scalaire dans le second cas » (Desmets, 33). Les deux termes obligatoires de toute comparaison - le comparant (appelé aussi standard ) et le comparé - figurent, dans la plupart des cas, dans une construction à élément prédicatif (appelé paramètre ) 1 réunis par un morphème grammatical (appelé aussi marqueur du standard ). Pour Sandfeld (424), comme sert à « désigner la conformité en ce qui concerne la manière dont s’accomplit une action ou se présente un fait », alors que pour Fuchs et Le Goffic (2005) la valeur fondamentale de comme est d’être marqueur d’identité, opérant tantôt sur des « manières de faire » ( modus faciendi ), tantôt sur des « manières d’être » ( modus essendi ). Et, en effet, lorsque le marqueur du standard ca [comme] exprime, dans le cadre de la comparaison, une similitude de manière ou de degré entre comparant et comparé, la comparaison est non scalaire comme le montrent les exemples suivants : 1. Maria e frumoasă ca mama ei. [Marie est belle comme sa mère].    Marie (comparé) est belle comme (marqueur) mère sa. (comparant) 2. Schimbă iubite-le ca pe cămăși. [Il change de copine comme de chemise].    Il change copines-les (comparé) comme (morphème accusatif) chemises (comparant) Et lorsque le comparant implique des caractéristiques considérées comme la quintessence 2 d’une qualité ou d’un défaut, la valeur de la comparaison en ca [comme] est de superlatif 3 , donc scalaire, comme dans l’exemple suivant : 1 Voir Fuchs & Guimier 2011, 7. 2 Pour Leroy (2004) les constructions à parangon, du type sale comme un peigne ne sont comparatives qu’en apparence, faisant usage d’un comparant stéréotypé pour signifier en réalité le haut degré. 3 Nardozza, 8, appelle ces comparaisons graduatives , et reprend l’idée de Gautier (31), qui considère la comparaison fort comme un Turc , dont le sens est « très fort », comme un adverbe graduatif, parce que la partie comme Y fonctionne comme un adverbe de haut degré.

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