AGAPES FRANCOPHONES 2019
Anda RĂDULESCU Université de Craïova, Roumanie _____________________________________________________________ 342 a da înapoi ca racul / *ca melcul [trad. litt. reculer comme écrevisse-le / comme escargot-le ; trad. équiv. marcher comme une écrevisse] a bate ca la fasole / *ca la grâu [trad. litt. battre comme à haricot / comme à blé ; trad. équiv. battre comme plâtre] 2.2. L’opacité sémantique Elle se manifeste lorsque le sens d’une expression est non compositionnel et ne peut pas être déduit à partir du sens des éléments qui la composent. Alors l’expression doit être traduite globalement, en tant qu’unité de pensée et de traduction. En examinant les comparaisons du corpus, on remarque qu’il y a deux catégories distinctes de structures formées à l’aide d’un verbe suivi de comme + (Prép.) + (Pron.) + N , caractérisées par la métaphoricité qui engendre une relation insolite, presque oxymoronique, soit au niveau de la relation paramètre - comparant, soit au niveau des mots qui forment le comparant : (a) les locutions 35 , où les unités qui constituent le prédicat sont insécables et le comparant exprime une anomalie sémantique : a intra în vorbă 36 ca câinele la nuntă [trad. litt. entrer en conversation comme chien-le aux noces; trad. équiv. se mêler à la conversation sans y avoir été invité/comme un chien dans un jeu de quilles] a-i merge vestea ca de un popă tuns [trad. litt. lui aller nouvelle-la comme d’un pope tondu ; trad. équiv. être connu comme le loup blanc] a trage nădejde ca spânul de barbă [trad. litt. tirer espoir-le comme glabre-le de barbe ; trad. équiv. caresser de vaines espérances / chérir une illusion / vivre d’espoir et d’eau claire] a-i merge gura ca la o moară hodorogită [trad. litt. lui aller bouche- la comme à un moulin déglingué; trad. équiv. C’est un vrai moulin à paroles] (b) les expressions idiomatiques se différencient des métaphores proprement dites puisqu’elles doivent être «reconnaissable[s], identifiable[s] comme telle[s], c’est-à-dire qu’elle[s] doi[ven]t posséder un certain degré de figement» (Denhière & Verstigel, 119). Comme dans le cas des locutions, leur sens est, dans 35 Gaston Gross (1996, 154) définit la locution comme «un syntagme (nom, adjectif, verbe, adverbe) dont les éléments composants ne sont pas actualisés individuellement et qui forme un concept autonome, que le sens global soit figé ou non». 36 En roumain il y a une seule unité de pensée, le verbe ayant une valeur aspectuelle [+inceptif].
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