AGAPES FRANCOPHONES 2019
Clara ROMERO Université de Paris, Laboratoire MoDyCo (UMR 7114) _____________________________________________________________ 378 8.C Comparaisons valuatives Une comparaison valuative a pour but de comparer les valeurs (au sens qualitatif) relatives du Ca et du Cé. Un effet intensifieur viendra donc, là encore, d’un Ca parangon. Il en existe plusieurs sous-types : Comparatives valuatives de prévalence La prévalence est la supériorité de la valeur d’un des deux éléments de la comparaison ( valoir mieux ), mais l’intensité s’exprime souvent par la simple égalité, avec le verbe valoir ou pas : La santé vaut mieux que tous les trésors du monde. une avarice digne d’Harpagon. Ses conseils valent de l’or. Jacques Chirac a rendu visite au peuple, dont l’avis vaut bien celui de tous les politologues. L’exemple suivant intervertit subtilement les fonctions grammaticales habituelles du Cé et du Ca (sujet, complément), puisqu’il s’agit de retourner le « compliment » : – Vous n’êtes qu’une petite dévergondée ! – Admettons que sur ce terrain je Ca vous Cé vaille… <Bourgeon, Les Passagers du vent , BD> La prévalence est dite « par défaut » lorsqu’elle a lieu entre deux éléments négatifs. Ainsi : Mieux vaut entendre ça que d’être sourd ! (locution stéréotypée) peut être glosée par « mieux vaut (encore) entendre ça que d’être sourd ». Il s’agit toutefois d’une litote dont le sens réel est plutôt : « ce que j’entends est inacceptable (de bêtise, de subversion…) ». Comparatives valuatives de préférence La prévalence se donne comme absolue, la préférence comme subjective. Comme la subjectivité peut être atténuatrice, l’intensité peut venir de l’universalité du sujet (de préférer ), de la transformation d’une assertion en prédiction (de la préférence), ou, s’il s’agit d’une préférence par défaut, d’une litote :
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