AGAPES FRANCOPHONES 2019

Le comparatiste et l’historien. Lire, traduire et (ré)écrire une histoire de la traduction _____________________________________________________________ 387 originale 2 , ce sont des actions auxquelles nous nous reportons, afin de mesurer l’impact que la comparaison a sur la recherche en histoire de la traduction. En Roumanie, il n’y a pas vraiment d’histoire de la traduction , ni d’histoire des traductions et, nous pensons encore moins qu’on puisse parler de L’HISTOIRE de la traduction en roumain. Néanmoins, on ne saurait ignorer les pages ou les chapitres d’histoire de la traduction roumaine (Munteanu 1995, Loria-Rivel 2004, Bârlea 2005, Jinga, 2007, Gafton, 2012), des volumes collectifs thématiques (2008, 2017), dictionnaires, répertoiresde la littérature traduite en roumain (1979), du roman traduit en roumain, (2005), des traductions et des traducteurs (RTR I et RTR II 2006), des bibliographies des œuvres littéraires traduites en roumain (Fecioru 1937, Reischel 1967, Geambașu 2011), etc. On peut, tout ou plus, en parler d’historiographie et donc d’une histoire de l’histoire de la traduction qui, sans être aboutie, est la face visible d’un processus qui, en amont et en aval de celle-ci, continue son chemin. 3 Certainement, il y a des études qui contribuent à élaborer une histoire directe de la traduction, publiées par les écrivains, historiens, critiques contemporains des traductions qui remontent au XIX e siècle. Ce sont des études en histoire de la langue et de la littérature roumaines qui traitent non seulement de l’influence nécessaire des traductions sur la littérature roumaine naissante, car seuls les écrivains, auteurs et critiques réunis, n’eussent pas pu nous doter de cette littérature nationale (I. H. Rădulescu 1828, 1837), mais aussi de la critique et des dangers que les traductions mauvaises comportent (M. Kogălniceanu 1840, Al. Odobescu 1874, T. Maiorescu 1873, 1881, Dobrogeanu-Gherea 1894, 1895, Eliade 1898). De ces écrits ressortent les dimensions inattendues d’un multiple bilinguisme territorial autant que son effet sur les paradigmes de lecture et de traduction (Badea 2019). Avant que le roumain ne se constitue comme norme supradialectale, les premières œuvres littéraires roumaines étaient écrites « dans une 2 Le plagiat et l’originalité sont intimement liés. Tout comme l’original et la copie conforme. 3 Le groupe de recherche que Muguraş Constantinescu anime à l’Université Ştefan cel Mare de Suceava met en œuvre les bienfaits du « polysystème » et annonce l’accomplissement d’une histoire nationale qui transgresse les perspectives antérieures.

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