AGAPES FRANCOPHONES 2019

Le comparatiste et l’historien. Lire, traduire et (ré)écrire une histoire de la traduction _____________________________________________________________ 391 ligne de mire des chercheurs toujours plus nombreux. Ces domaines occupent une place bien déterminée dans les recherches traductologiques roumaines qui se synchronisent de cette manière avec les recherches menées en Occident. Actuellement, en Roumanie, on peut constater que, outre les recherches en histoire de la traduction, une discipline toute neuve paraît : l’historiographie de la traduction. Cette histoire de l’histoire de la traduction et des traductions, est fondée sur des recherches en histoire de la traduction, sur un modèle de continuité temporelle (le recensement des traductions, la description chronologique des traductions, des traducteurs) où la périodisation est empruntée à l’histoire de la langue et/ou de la littérature roumaine, sur le métalangage de la traduction (stratégies, procédés, méthodes, concepts, etc.) et sur les visées de la recherche en histoire et, ensuite, en historiographie de la traduction. On observe que les recherches en historiographie de la traduction roumaine tâchent d’examiner le décalage entre deux histoires : l’«histoire interne», vécue et écrite par « ceux qui la produisent », et l’« histoire externe », « élaborée rétrospectivement par des chercheurs modernes » (D’hulst 2014, 17). En considérant le champ de la traduction, nous avons tenté de traiter impartialement les axes de recherches historiques, historiographiques et métahistoriographiques (cf. D’hulst 2014, 22). Archiconnus, les jalons dont les chercheurs se servent consécutivement ou simultanément – la traduction/processus, les traductions/résultats et les traducteurs – sont susceptibles de permettre: 1) l’identification des connexions qui s’instaurent entre les théories inductives de traduction (des XVIII e et XIX e siècles), 2) l’emprunt des modèles théoriques occidentaux et les théories linguistiques déductives ; 3) l’examen du rapport s’insinuant entre l’histoire et l’historiographie, la théorie et la pratique de la traduction. À la complexité de l’historiographie de la traduction roumaine participent plusieurs genres scientifiques : les monographies, plus rares, les portraits de traducteurs, les articles des dictionnaires sur les traducteurs. Comparant l’histoire des traducteurs roumains et l’histoire des traductions en roumain, nous avons pu constater que la seconde est mieux « formulée » et s’articule autour : - de la genèse de la littérature roumaine (des courants et genres littéraires) ; - mais aussi des traductions littéraires – inventoriées dans divers types d’ouvrages : des dictionnaires (de la littérature

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