AGAPES FRANCOPHONES 2019
Angélique MASSET-MARTIN Grammatica , Université d’Artois, Arras, France _____________________________________________________________ 400 du français en contexte homoglotte. Par conséquent, les interactions interculturelles sont omniprésentes, et il semble alors difficile, sinon impossible, de faire abstraction des langues et des cultures autres, celles qui sont présentes dans la classe. Si cela n’a pas toujours été le cas, il est maintenant admis et largement accepté d’en tenir compte et de s’y appuyer. C’est ainsi que la comparaison, qui se faisait de toute manière par l’apprenant de manière plus ou moins consciente, est devenue incontournable en classe. Nathalie Auger a orienté ses travaux autour de cette notion de comparaison , de laquelle elle dit explicitement qu’elle entre dans une démarche interculturelle. Nous allons donc dans une 1 ère partie présenter les grandes lignes de ses travaux, qui illustrent très bien ce que peut être la comparaison en didactique du FLE/S, puis nous élargirons la perspective pour présenter ce qu’est la démarche interculturelle dont il est beaucoup question en didactique du FLE/S à l’heure actuelle. Nous terminerons en présentant une expérience menée autour de ces notions avec nos étudiants de Master 1 de l’Université d’Artois. 1. La comparaison en didactique du FLE/S : les travaux de Nathalie Auger Cette chercheure travaille en FLS auprès des élèves allophones nouvellement arrivés en France (EANA) et scolarisés dans le système éducatif français. Nous partons cependant du principe que ce qu’elle préconise peut s’appliquer à d’autres contextes d’enseignement. Nous allons présenter ici rapidement le DVD Comparons nos langues , sous-titré « démarche d’apprentissage auprès d’enfants nouvellement arrivés » sur lequel nous avons basé notre petite expérimentation (partie 3). Auger explicite ainsi la démarche : « Cette démarche propose donc de s’appuyer sur les scripts maternels des enfants pour aller vers le français puisque tout apprentissage des langues repose, consciemment ou non, sur une comparaison entre le ou les systèmes langagiers préexistants et la langue à apprendre » (Auger, livret d’accompagnement, 2005, 7). Elle précise en outre que la comparaison des différentes langues dans la classe n’a pas pour but de les hiérarchiser mais qu’il s’agit de montrer les « universaux singuliers », comme par exemple la négation, présente dans toutes les langues, mais différemment. Il est donc question ici de s’appuyer sur la langue maternelle des
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