AGAPES FRANCOPHONES 2019

La comparaison des langues et la démarche interculturelle : vers une conception élargie de la notion de « comparaison » en didactique du FLE _____________________________________________________________ 403 particulier en repérant les incompréhensions causées par ses représentations préalables de la culture de l’autre, et les mécompréhensions causées par les interprétations faites sur la base de son propre référentiel culturel. (Puren, 10) Cette démarche devrait également permettre de dépasser la peur d’entrer en relation avec l’autre étant donné les risques que cette relation implique. Il s’agit aussi de s’éloigner de l’ethnocentrisme par un processus de décentration « […] et ce, afin de favoriser sa propre connaissance à travers la rencontre de l’autre. En d’autres termes, pour connaitre l’autre, il est important de comprendre que l’on est un étranger pour lui », (Barthélémy, 2016, 22). Enfin, elle devrait aider au développement du respect, de la compréhension de l’Autre, de la reconnaissance de sa spécificité. Elle devrait aussi aider à lutter contre les préjugés, à modifier ses représentations et à interpréter, comprendre et éviter les maladresses, les malentendus. 2.2. Les étapes de la démarche interculturelle La première étape est la phase contrastive ou l’étape comparative qui a pour but de susciter naturellement un sentiment de curiosité pour la culture étrangère chez l’apprenant. C’est une première étape « naturelle » qu’il faut cependant dépasser pour ne pas en rester à des représentations stéréotypées de la langue/culture cible. Vient ensuite la phase d’intercompréhension culturelle, qui vise à une prise de conscience des points de convergences entre la culture cible et la culture source par l’apprenant. Le but étant d’amener les apprenants à passer d’une vision souvent ethnocentrique à une forme de relativisme culturel en prenant conscience qu’ils « […] partagent des valeurs et des principes communs (la place du spirituel, la famille, le couple […] mais déclinés différemment dans les formes sociales qu’ils prennent », (Mangiante, 124). L’objectif étant de se décentrer et de relativiser en identifiant les implicites culturels et en prenant conscience de ses propres filtres culturels. C’est ici que peut intervenir une réflexion sur les stéréotypes et les préjugés que son pays véhicule. Puis la phase d’empathie a pour objectif de faire « […] ressentir à l’apprenant des sentiments, postures, attitudes comparables aux locuteurs natifs […] » (Mangiante, 124), en intériorisant la culture de l’Autre. Arrivé à cette étape, l’apprenant a découvert, comparé et observé un phénomène langagier et

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