AGAPES FRANCOPHONES 2019
Angélique MASSET-MARTIN Grammatica , Université d’Artois, Arras, France _____________________________________________________________ 404 culturel nouveau, il a su dépasser son regard ethnocentrique et se mettre à la place du natif dont il apprend la langue. Enfin, la phase de reconstruction des représentations, ambitionnant chez l’apprenant une reconstruction de l’image de l’autre et surtout de la représentation de lui-même : « [l’interculturel] s’effectue dans un double mouvement, celui de la découverte de la différence dans la culture étrangère, accompagné d’un second, complémentaire, de distanciation et de relativisation par rapport à sa propre culture », (Barthélémy, 23). À ce stade, l’apprenant a acquis une compétence interculturelle, il est en mesure d’accepter le fait que son identité n’est pas basée sur une culture unique, mais sur plusieurs, et qu’aucune n’est supérieure à l’autre. Cette démarche a ceci de séduisant qu’elle donne l’impression d’être prête à l’emploi, applicable dès que l’on en a compris le principe. Elle présente tout de même des limites : elle ne peut bien sûr se mettre en place que s’il y a ouverture d’esprit et tolérance face à la culture de l’autre, l’objectif étant de conserver ses propres valeurs culturelles et de pouvoir en respecter d’autres. Elle demande du temps, des prédispositions de la part des apprenants qui ne relèvent plus nécessairement du domaine de l’enseignant ; une certaine maturité et un certain recul et elle exige de l’enseignant qu’il soit un médiateur culturel compétent. En outre, il n’est pas évident de la mener à son terme (est-ce que tout peut se prêter à cette démarche ?) et comment évaluer la compétence interculturelle à laquelle la démarche est censée mener ? 3. Comparaison, démarche interculturelle et futurs enseignants de FLE : une expérience auprès de futurs enseignants Nous avons montré aux étudiants le DVD de Nathalie Auger, nous en avons discuté avec eux, puis nous avons montré rapidement ce qu’est la démarche interculturelle, en insistant sur le fait que la première condition est de tenir compte de la culture d’origine des apprenants du français. Nous leur avons demandé, eux qui seront de futurs enseignants de FLE/S, de réfléchir par deux ou trois à des activités interculturelles, avec le public de leur choix, et de justifier le pourquoi de tel ou tel point de langue, support, outil et niveau.
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