AGAPES FRANCOPHONES 2019
La comparaison des langues et la démarche interculturelle : vers une conception élargie de la notion de « comparaison » en didactique du FLE _____________________________________________________________ 405 3.1. Description de notre public et hypothèses Les groupes de master ont toujours compté dans leurs rangs des étudiants non natifs, mais ces dernières années la proportion tend à augmenter et la diversité à se développer. Par exemple, pour cette année 2018-2019, sur la quarantaine d’étudiants inscrits en présentiel, la moitié venait de l’étranger : Afrique du Nord et Lybie (6), Chine (7), Inde (3), Croatie (2), Russie (1), Côte d’Ivoire (1) et Laos (1). Nous voulions savoir, avec cette petite expérimentation, si les étudiants avaient bien cerné cette notion d’ interculturalité , comment ils allaient se l’approprier et s’ils étaient capables de proposer des activités (ou tâches ou exercices) allant au-delà de la comparaison. Avant de commencer, nous avions fait comme hypothèse que puisque ce qui est présenté par Auger relève davantage de la comparaison, et comme c’est une démarche assez classique et facile à mettre en place, nous allions obtenir de nombreuses propositions portant uniquement sur la comparaison. Nous pensions également que nos étudiants non francophones, maitrisant donc au moins deux langues, allaient davantage se focaliser sur la grammaire ou le lexique alors que nos étudiants natifs, se concentreraient sur des aspects culturels 3 . Le choix du point traité serait fonction des difficultés rencontrées par les non-natifs quand ils ont appris le français, par les natifs lors de leurs déplacements à l’étranger, donc pour les uns et les autres, lors des rencontres avec l’altérité. Les éléments culturels seraient abordés aux niveaux les plus avancés, de même que les étapes 3 et 4 de la démarche. La comparaison, au contraire, et surtout la grammaire, le lexique et la prononciation pouvant être étudiés dès le début de l’apprentissage. 3.2. Résultats Sur les seize groupes constitués, quatre ont travaillé la grammaire (la négation, le genre des noms, la place de l’adjectif dans la phrase et la construction de la phrase) ce qui est peu, notre hypothèse n’a pas été vérifiée. Trois groupes, chacun formé par au moins un arabophone, ont travaillé sur la prononciation, deux groupes se sont penchés sur la phraséologie et la difficulté à trouver des équivalences entre langues et sept groupes ont choisi 3 Et les étudiants chinois (et là on touche à nos propres représentations culturelles) allaient forcément travailler sur des aspects grammaticaux.
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