AGAPES FRANCOPHONES 2019
La Comparaison : une catégorie linguistique multiforme _____________________________________________________________ 43 la première moitié du 17 e siècle, le français a connu des structures corrélatives du type autant…comme, aussi … comme (Combettes & Kuyumcuyan, 2008) (Fournier & Fuchs, 2007 : 79 et note 23). L’égalité construite dans le cadre d’un schéma localisant participe de la comparaison entendue comme une opération « assimilatrice», qui instaure une sorte d’équivalence entre les deux entités, en rapportant sur l’une la propriété de l’autre. 2.3. Le schéma de mesure relative D’autres langues, enfin, recourent à un schéma de ‘mesure relative’, c’est-à-dire à un schéma où la notion de degré se trouve exprimée explicitement. Ce troisième type de schéma consiste à attribuer à chacune des deux entités la propriété ( grandeur ) et à opérer une mesure relative de la quantité (indéterminée) de cette propriété associée aux deux comparandes. La mesure relative repose donc sur une gradation explicite : la comparaison est pour ainsi dire « modulée ». C’est, pour reprendre la formule de (Benveniste, 1975 [1948] : 141), une comparaison qui s’établit, cette fois, « par le niveau des plateaux d’une balance ». Trois sous-types participant de ce schéma de mesure relative ont été relevés dans les langues. Les deux premiers ne contiennent qu’une seule prédication : c’est alors le degré (c’est-à-dire la mesure relative) qui est exprimé par le biais de ce prédicat (par exemple dépasser pour une quantité inégale ou égaler pour une quantité égale). Le paramètre, quant à lui, apparaît sous une forme nominalisée ( grandeur ) ; selon les cas, il est traité comme la possession des deux entités (premier sous-type) ou comme un accessoire de la relation entre les deux entités (deuxième sous- type). Quant au troisième sous-type, il articule deux prédications hiérarchisées : c’est alors la propriété (paramètre) qui constitue le prédicat commun. a) Le premier sous-type consiste à exprimer le degré sous la forme d’un prédicat et le paramètre comme une possession des comparandes : La grandeur de Pierre dépasse (ou égale ) celle de Paul . Le français connaît ce procédé : le paramètre est alors exprimé sous une forme nominale ( grandeur ) et rapportée aux deux comparandes : la grandeur de Pierre, celle (= la grandeur) de Paul . Pour exprimer l’inégalité de degré sous forme prédicative, le français dispose d’une diversité de prédicats verbaux ou adjectivaux
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