AGAPES FRANCOPHONES 2019
La Comparaison : une catégorie linguistique multiforme _____________________________________________________________ 45 Le même procédé se retrouve pour exprimer l’égalité de degré, avec divers prédicats comme égaler, être égal à, équivaloir à, rivaliser avec, etc. : En matière de silence, la haute montagne égale le désert (= « La haute montagne est aussi silencieuse que le désert ») ; Pour ce qui est de la beauté, les fjords du Labrador rivalisent avec ceux de la Norvège (= « Les fjords du Labrador sont aussi beaux que ceux de la Norvège »). c) Le troisième sous-type. Les deux premiers sous-types qui viennent d’être évoqués présentent la particularité d’exprimer le degré sans recourir à un marqueur du paramètre de nature grammaticale, et de ne pas utiliser non plus de marqueur du standard. Seul le troisième sous-type recourt explicitement à ces deux marqueurs grammaticaux (marqueur du paramètre et marqueur du standard). C’est le schéma grammaticalisé retenu par le français (ou l’anglais), qui consiste à exprimer le degré sous forme d’un marqueur ( plus, autant, aussi… ) portant sur un paramètre de forme prédicative ( être-grand ) et à relier cette relation prédicative au standard par le biais d’un autre marqueur ( que ), introducteur d’une subordonnée (généralement elliptique) : Pierre est plus (ou aussi ) grand que Paul = … que Paul n’est grand. Au terme de ce rapide parcours effectué à la lumière des travaux typologiques, le lecteur aura pu, nous l’espérons, se faire une idée de la grande diversité des moyens d’expression de la comparaison quantitative d’(in)égalité dont dispose le français, par-delà la structure canonique que cette langue s’est trouvée grammaticaliser au fil de son évolution. 3. La comparaison qualitative de « valuation » À côté de la comparaison quantitative, il existe divers types de comparaison qualitative : la comparaison de similitude (recourant principalement au marqueur d’analogie comme : Marie est fraîche comme une rose – le standard fonctionnant alors comme le ‘parangon’, d’où les expressions stéréotypées : bête comme ses pieds, agile comme un singe,… (Cazelles, 1996) – , la comparaison d’identité ou d’altérité (qui exprime une (in)égalité qualitative : Pierre porte le même pull que Paul, Pierre porte un autre pull que Paul ) et la comparaison de « valuation », dont il va être question à présent, à la suite de (Fuchs, 2014, Chapitre V : 109-132).
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