AGAPES FRANCOPHONES 2019
La Comparaison : une catégorie linguistique multiforme _____________________________________________________________ 47 question portant sur le paramètre (à savoir la « qualité du travail ») : Pierre travaille comment ? bien ? mal ? – réponse : mieux que Paul. L’équivalent est impossible avec la comparaison valuative : * Un bon croquis vaut comment ? bien ? mal ? – mieux qu’un long discours ; il ne s’agit clairement pas ici de quantifier la « qualité de la valeur ». Il apparaît donc que le schéma de la comparaison valuative ne peut pas s’analyser de la même façon que celui de la comparaison quantitative, malgré les apparentes ressemblances de surface. Une comparaison en valoir mieux que… consiste, non pas à mesurer quantitativement, mais à évaluer qualitativement la valeur des deux comparandes : « Un bon croquis est d’une valeur qualitativement plus grande, plus intense, qu’un long discours ». A cet égard, l’énoncé valuatif (en valoir mieux que… ) s’oppose à l’énoncé quantitatif (en valoir plus que… ) qui, lui, compare la quantité de « valeur ». On dira La mort vaut mieux que le déshonneur pour exprimer une évaluation qualitative (ayant trait à la « valeur » morale) , et L’or vaut plus que le platine pour exprimer une mesure quantitative (ayant trait à la « valeur » monétaire). Dans la comparaison valuative qui vient d’être évoquée, le sujet qui évalue les deux comparandes à l’aide de l’expression valoir mieux que… ne se met pas en scène. Seules les deux comparandes figurent dans ce schéma de « prévalence » : le bon croquis se présente comme « prévalant » sur le long discours . 3.2. La préférence : aimer mieux, préférer À côté du schéma de prévalence, on trouve également le schéma de « préférence », où le sujet évaluateur est explicitement présent : J’aime mieux un bon croquis qu’un long discours ou encore Je préfère un bon croquis à un long discours (ou … plutôt qu’un long discours ) . De la prévalence à la préférence, le passage est aisé : si A vaut mieux que B, c’est que A est préférable à B. Ce qui a été dit plus haut à propos du caractère indécomposable de mieux vaut également dans le cas de aimer mieux que… : * aimer plus bien, moins bien que… , n’aimer pas mieux que… = aimer aussi peu que… (et non pas aimer aussi bien, voire moins bien que… ), * aimer comment ? – mieux que… Ici encore, le schéma doit être distingué de celui de la comparaison quantitative d’inégalité : le schéma de J’aime mieux un bon croquis qu’un long discours ne peut être assimilé, ni au schéma de J’aime
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=