AGAPES FRANCOPHONES 2019

Géza Szasz Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 52 très sérieusement contribué à ce que nous commençons à reconsidérer notre travail sur la représentation de la Hongrie dans les récits de voyage français, défini a priori comme relevant principalement des études historiques proprement dites. Un examen comparé des textes a abouti très rapidement à une méthode empruntant beaucoup aux études littéraires 1 . Certes, le corpus que nous avons constitué, c’est-à-dire les récits de voyage et les articles de presse, imposait une approche comparée ou comparatiste puisqu’il s’agissait de l’étude conjointe ou contrastive sinon des littératures d’aires linguistiques différentes, mais du moins de médias hétérogènes, porteurs d’informations et instruments de représentation. En poursuivant notre investigation, nous nous sommes rendu compte que la comparaison et, d’une manière générale, l’aspect comparé sont des attributs indispensables de l’histoire de la littérature des voyages et, sur un autre plan, font partie des pratiques auxquelles les auteurs ont recours dans la représentation d’un pays étranger. Notre étude se structurera en fonction de cette perception. Nous allons étudier d’abord les débuts de la comparaison en tant que procédé dans la littérature de voyages, par l’intermédiaire de l’histoire des collections de voyages. Nous allons évoquer à ce propos la comparaison utilitaire, initiatrice d’une vision plus équilibrée de l’étranger et de la lecture critique des récits de voyage. Dans un deuxième temps, nous tâcherons de présenter, autour de la formule « observer pour comparer », la réflexion théorique développée au cours des dernières décennies du XVIII e siècle, notamment les méthodes du voyage. Le troisième chapitre étudiera la perception de l’auteur par lui- même ou sa façon de se positionner par rapport à ses prédécesseurs ou homologues ainsi que le procédé à l’aide duquel il prend la mesure du territoire parcouru (« comparer, c’est [se] mesurer »). La quatrième et dernière partie essaiera d’éclaircir les liens entre comparaison et jugement (« comparer, c’est juger »), avec l’évocation notamment des analogies, l’approche humaniste et la réalité du pays visité, celle-ci faisant figure de comparé. On consacrera aussi une attention particulière à la manière dont le relateur décrit les différences. 1 Nous tenons à remercier ici Anne Herschberg-Pierrot qui, lors d’un séminaire doctoral organisé à Budapest à l’automne 1999, a su attirer notre attention sur les questions de littérature comparée.

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=