AGAPES FRANCOPHONES 2019

Géza Szasz Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 54 et/ou de l’exploration. Ainsi, tout le monde composait avec ce qu’il pouvait. Ceci est particulièrement vrai pour les récits de découvertes, basés essentiellement sur des journaux de bord des vaisseaux. En règle générale, le récit fut ordonné par le rythme du voyage. Les velléités de donner un cadre uniforme aux informations concernant les conditions pratiques du voyage et l’état du pays parcouru, généralement dispersés, se sont d’abord manifestés en Angleterre, puissance maritime montante au XVI e siècle, incontestable depuis sa victoire de 1588 sur la marine de guerre espagnole. C’est dans ce pays que les premières collections de voyages ont été éditées, dès le début du XVII e siècle, lançant une vogue européenne qui a perduré au moins jusqu’au milieu du XIX e siècle. En France, où le récit de voyage figurait dès le milieu du XVIII e siècle parmi les genres les plus lus et considérés en même temps comme source de connaissances sur le monde contemporain et sur l’histoire de l’homme, L’ Histoire générale des Voyages ou nouvelle collection de toutes les relations de voyages par terre et par mer qui ont été publiées jusqu’à présent dans les différentes langues de toutes les nations connues en 20 volumes, dont la publication fut entreprise par l’abbé Prévost en 1746, était considérée, malgré l’adjectif « nouvelle », comme l’archétype de toutes les collections du XIX e siècle, et constituait une sorte de référence (parfois négative) pour tous les éditeurs (Leclerc, 47-48). En quoi consiste une collection des voyages ? Il s’agissait de réunir, en une seule bibliothèque les récits les plus importants. La collection des voyages était cependant un peu plus qu’un amas de textes. Résultat d’une compilation spécifique, vendue par souscription ou abonnement, elle s’avérait une forme éditoriale particulièrement convenable à la diffusion et l’interprétation des récits de voyage. Son apport se faisait valoir par l’établissement d’un principe organisateur . Celui-ci pouvait être de nature fort diverse. Pour prendre l’exemple de la Bibliothèque universelle des voyages d’Albert Montémont, qui représente une forme aboutie de la collection de voyages au début de la Monarchie de Juillet, ce principe ou méthode est exposé dans l’avant-propos. Déterminé à organiser les voyages en un système, afin de prouver qu’ils constituent effectivement l’école de l’homme, un moyen d’élargir ses horizons et de l’affranchir de ses préjugés, il brosse d’abord un

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=